14, rue Rousseau
Ce petit bistrot populaire est une icône indétrônable de la rue Rousseau, l’endroit parfait pour une petite bière en début de soirée!
Dès l’entrée on est assailli par un relent de fondue qui, avec l’haleine avinée des clients génère un mélange très proche du vieux-vomi. Les tables sont en bois massifs avec des chaises du même acabit et des coeurs font offices d’enjolivures sur le dos des dossiers. La clientèle est tellement diversifiée et non-conforme que s’aventurer dans une description semble perdu d’avance.
Au bar, un homme coiffé d’un chapeau nous fixe avec persistence. Son regard bleu est aussi transperçant qu’une hallebarde Genevoise.
Visiblement intimidés nous nous asseillons.
Nous sommes en pleine Happy-Hour et sur notre table trône le réglement dont l’aspect le plus intéressant est évidemment les consommations à moitié prix!
Etant donné que le service est au bar lors de cette brève période de bonheur, nous commandons deux bières Appenzeller à 1.90 Frs/Pce. Elles nous parviennent très fraîches et pétillantes.
Derrière son comptoire Killy, le gérant, observe toujours d’un oeil agile se qui se passe dans sa taverne. Avec la clientèle du lieu cet exercice s’avère indispensable et pas de tout repos! En effet, les chaises peuvent parfois voler…
On voit alors passer avec effarement un client dôté d’une énorme botte à bière en verre en guise de contenant. Nous lui demandons plus d’informations:
- “Ouais c’est une botte, on se la passe mais il faut taper dessus avec le doigt avant pour l’avoir.”
Nous appellerons ceci la “La Botte du Diable”.
Au fond de la salle, un panneau suspendu et occupant la quasi largeur affiche: “Killy’s Absinthe Corner”. Mais attention, la Sarine ce n’est pas seulement de l’alcool. Il y a quelques tentations à l’attention des gourmets: “Tête de Veau Ravigotte”, “Tripes à Gogo”, “Rognons de Veau”… Moi je prends une tête de veau à emporter!
Deux femmes au comptoire vivant probablement leur dernière ligne droite, ayant l’aspect de vieux caniches défraîchis sont en pleine conversation. L’une d’entre elles lance à l’autre:
- “Ta coupe à la Mireille Mathieu te rajeunie et te remet dans le crénau!”
Le conseil d’une amie qui ne vous veux pas que du bien…
Pour les fumeurs une grande table en bois digne des meilleures fêtes communales est disponible dans le petit passage obscure à côté du Bistrot. Nous sortons pour l’inspecter de plus près quand soudain, nous sommes interpellé par un vieux, mi-client mi-clodo:
- “Hé! Toi! Viens voir!”
Le temps d’un regard réciproque nous décidons de retourner à nos places. La voix dans le passage se fait entendre par un dernier râle:
- “Ne soyez pas obtus!”
Pas de doutes, la Sarine c’est une incitation à la violence du gosier, c’est toujours des aventures rocambolesques et celle-ci, en tout cas, s’est déroulée sous la surveillance de l’homme au chapeau toujours présent, qui ne nous quitta jamais des yeux…
- Réglement Happy-Hour
- L'Absinthe Corner
- Les Compagnons de la Sarine

















