47 Rue de la Servette.

 

L’odeur de friture et de graisse saturée nous avait aimablement proposé de nous installer en terrasse.

La terrasse, donc, est en fait composée de deux tables et de quatre chaises posées sur le trottoir, d’où l’on peut admirer la circulation du tram et des colonnes de voitures, en emplissant nos poumons déjà bien affectés de gaz d’échappement.

el espanol

Nous dégustions nos Heineken à 3.30.- servies dans des verres Wittekop en admirant le t-shirt « Ecuador » élégamment accroché à la vitrine quand ce dialogue d’anthologie nous atterrit en pleine face.

Un homme style alcoolique mal rasé croise la route de deux grands costauds en costume-cravates noirs et ray-ban des familles. L’archétype des maffiosi de films.

Le premier, aux deux autres:

Alors? Ta sœur? Elle t’a filé le paquet?

Un des costauds, continuant à marcher:

Non.

Non? Elle t’a rien filé?

Mais si. Pfff.

Regarde ça: ça fais 60 kilos tout…tout…tout mesuré…tu fais rien. Maintenant t’as ta danseuse, tu va pouvoir la taper!

Les costauds lui font un doigt d’honneur et continuent leur route, agacés. Le mec s’assied alors, compose un numéro sur son natel et engueule son interlocuteur/tice:

Je viens de croiser tes copines, là…ouais tu sait bien de qui je parle…exactement…alors tu va leur dire…wais…tu va leur dire…wais…bon j’me fâche pas maintenant, je veux pas déranger les collègues…les voisins de…de terrasse.

Vous ne nous dérangez pas du tout, rétorque Mac qui voulait connaître la suite de l’histoire.

Ne vous inquiétez pas, répond l’homme soudain dégrisé, je ne parlais pas de vous mais de ses voisins. Ses voisins de terrasse. Et je vous rassure, ce n’est ni une histoire de dope ni une histoire de pédés, quoi qu’on puisse en penser.

Un sosie de Bukowski arrive en scène, pardessus vert militaire, vieux mégot, braguette fermant avec une épingle à nourrice, journal et vieux chiffons débordants des poches, et sors une phrase comme seul les copains de bistrots savent les faire; du genre « t’es pas encore dans les bras de ta gonzesse ? » ou quelque chose du même tonneau.

Voilà d’ailleurs la preuve du contraire, souligne notre interlocuteur, satisfait, en commandant une deuxième bière et un café.

Nous n’avons pas eu le fin mot de l’histoire, notre tram n’allait pas tarder et une faim qu’aucun café-cantine comme çelui dans lequel nous nous trouvions ne pouvait épancher ce faisait sentir. 

 

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9 Rue de la Canonnière

On croirait qu’on le fait exprès mais, bien (trop) souvent, on arrive à la fermeture du rade… Donc ce coup si ça n’a pas manqué ! On entre, demande si on peut vite fait se boire une bière et là, mise dans l’ambiance de la part du patron :

« D’accord mais vous buvez debout. Et sur un pied ! On ferme nous ! »

D’emblée on sait que ça va être court mais intense ! On s’installe donc à une des 6 tables de l’endroit, on reçoit nos 2 décis et demi de Calanda respectifs et on admire. Le local paraît neuf, fraichement panossé et est décoré de plusieurs de ces magnifiques tableaux à touriste fait à la chaine qui représentent bien souvent la même barque au bord de la même plage et qui par conséquent peuvent être vendu sur à peu prêt n’importe quelle plage océanique.

Même si le bar s’apprêtait à fermer, restaient encore quarte clients (et un chien) d’un gabarit genevois bien fini. Et nous pûmes donc profiter du discours de Dédé, Alain, Juju et Pierre-Alain qui tinrent (entres autres) ces quelques mots sur fond de quart d’heure Johnny sur Option Musique:

« De bleu de bleu ! j’dis pas « chérie » à n’importe qui moi ! même pas à ma fille ! »

En sortant, nous prîmes tout de même la peine de regarder les horraires de l’établissement. Le panneau indiquait les heures d’ouverture ET celles de fermeture (qui étaient les exactes opposées de celles d’ouverture ! c’est pas beau ça ! Tant de logique ça vous remet un homme en question !)

Au fait, il ferme à 21h…

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3 Rue Liotard

C’est derrière ses vitres complètement teintées lui donnant sérieusement l’air d’avoir été parachuté directement des Pâquis que se dissimule l’oasis du Dunes Café, havre de paix à deux pas de l’école d’ingénieurs (où il m’a été « donné » d’étudier près de trois ans et ½, donc du coup, c’est pas la complète inconnue.)

Ce qui est beau avec le Dunes (oui LE Dunes ! même si ‘Dunes’ est féminin pluriel), c’est que depuis il y a environ dix ans où j’y mettais la première fois les pieds et ce jour ci, la seule chose qui avait changer devait être le tactilo qui avait probablement été modernisé. Donc cette chronique, ça fait bien des lunes que je la mastique inconsciemment. Et autant dire que d’entraîner Olive là dedans pourrait se comparer aisément à la présentation d’une fiancée à des parents inquisiteurs (même si, soit dit en passant, je ne connais pas du tout le staff).

Si l’histoire raconte que plus d’une fois mes pieds foulèrent le lieu, c’est parce qu’on y trouve : arcades, babyfoot, billard, flippers (qui un temps prenaient les jetons de la tête dans les nuages (1.-) pour des tunes ! héhéhé), écran géant (dont l’image le jour de notre visite était fort mal réglée), fléchettes et machines de jeu tactiles en tous genres. Donc avec tout ça, de quoi occuper un homme de 7 à 77ans ! D’ailleurs tous les âges semblaient représentés, le Dunes maintenant, on y va en famille ! Du coup, ça remplit !

Mais c’est pas tout les souvenirs vieux comme la moquette des murs, on est là pour s’abreuver avant tout ! Assis au bar, nos Amstel de 25cl. À 4 CHF en main (on va mettre ce coût sur le compte de la facture SI pour toutes les arcades…) nous pûmes laisser vaquer notre regard à droite a gauche. Moquette au mur sur laquelle il suffirait de passer la main pour avoir une dose équivalant à 6 paquets de clopes dans les pores, boule à facettes, croissants sous plastique et colle forte estampillée des logos toxiques que l’on connaît trônant à côté des verres de service… du lourd en somme !

Cela faisait bien longtemps que je n’étais revenu et quoi de plus opportun comme prétexte que la findumonde. Je conclurais par : Silvano ! Ca fait 10ans tout juste que tu m’dois une partie de billard !

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47 Rue de la Servette

La vitrine rappelait un salon de coiffure, une agence de voyage ou un bureau de recrutement de raëliens; mais sûrement pas un bistrot. Pourtant, un petit air de faux-coiffeur nous mîmes la puce à l’oreille: nous entrâmes.

Soudain, l’ambiance chuta de 50 points sur l’échelle de Bozo (échelle de mesure de l’ambiance festive): sur les 14 tables de l’établissement, sans compter le bar, il n’y avait pas un seul client. Pourtant nous étions dans un axe du quartier très fréquenté et exactement à l’heure où les pères indignes abandonnent leur foyer pour aller boire; comme le font les gazelles et les éléphants à proximité des points d’eau.

Seul le tenancier stagnait derrière le comptoir, la tête tournée vers la petite télé murale qui diffusait un starship troopers ou un film du genre, sur RTL9.

-Bonjour. Vous êtes ouverts?
-Quoi?
-Le bar est ouvert?
-Hein?
-C’est ouvert? On peut prendre une bière?

Pas de réponse. On nous amena néanmoins nos bières.

Il faut dire que le volume de la télévision répandait à merveille le doux son des mitraillettes du futur; agrémenté par un étrange ronronnement provenant de la salle arrière.

Pour couronner le tout, une forte odeur de pet ou d’œuf pourri flottait dans l’air…ou de la table fraîchement poutzée…ou des bières…ou d’autre chose. On a pas réussi à le définir.

Après avoir avalé avec peine (pas facile de goûter pleinement une bonne bière dans une odeur de pet) nos Feldschlossen Hopfenperle à 3.20.-; il nous fallut tester les toilettes. Un bon bar de la fin du monde a toujours des toilettes immondes ou, tout au moins, rigolotes.

En entrant dans les commodités, on découvre d’où venait le ronronnement du début: une énorme climatisation tournait à fond les manettes au dessus du trône; rappelant étrangement le film de S.F du soir.

Nous n’avons pas attendu l’attaque des arachnides de l’espace pour nous envoler vers d’autres aventures.

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3 Rue de Vermont

Devanture, standard ! Rideaux blancs, enseigne 1664, lumière jaune. Bref ! Le troquet quoi ! On entre et là tient, ça sort un peu du commun ! Le bar est sur deux niveaux et, chose qu’était bien foutue quand même, le bar dessert les deux. On remarque aussi une banque réfrigérée qui doit servir pour un service de sandwicherie/charcuterie/paninis la journée (et si ça avait été juste pour les paninis, un simple frigo aurait suffi nan ?)

Ce qui est marrant avec ces visites, c’est qu’on est toujours accueilli par le personnel comme s’ils étaient tous au courant du machiavélique projet de les chroniquer. Ou ils sont tous inscrits à la guilde des cafetiers paranoïaques ou nos têtes n’ont rien d’engageantes. Allez savoir ! On faisait ptêtre tache sur le décor surchargé de fausses fleurs, faux vitraux et fausse cheminée ou avec les joueurs accrocs de défaites répétées au Tactilo© (ces machines qui permettent de perdre sans avoir à gratter, c’est beau le progrès)

Bon on va essayer de s’intégrer, bières commandées et tite partie de grattage pour nous aussi ! Il faut dire qu’on a dû vite trouver à s’occuper vu la politique de sauvegarde des tubes cathodiques et de préservation des membranes d’haut-parleurs menée dans l’établissement. Est-t-il besoin de vous dire que nos deux tentatives de ruiner la loterie romande et de voir une photo de nous affichée pendant au moins deux ans contre le mur du bar ont été des échecs (bah oui, vu le nombre d’échecs qu’il y a eu pendant les 25 min passées là, si un jour qqun gagne c’est la consécration dans le bistro !)

Heureusement nos deux quarts de litre aussi standard qu’ils eussent été, eurent tout de même l’effet salvateur que l’on connaît tous à une bière pression ! Et ce même à 3.50 ! Aller ! Sans baratiner ! Ca donne envie d’y aller hein !

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42, rue de Lyon

Lors d’un mémorable barathon, les chroniqueurs zélés que nous sommes; accompagné de notre clique de fidèles « alcoolytes », nous sommes arrêtés dans ce qui semblait être au premier abbord une sorte de melting-pot entre un restaurant lounge et un café portugais tout ce qu’il y a de plus banal.

Nous n’avons pas été déçus, puisque l’accueil qui nous a été fait restera dans nos mémoire, et rappellera aux fans de « Easy Rider » la scène du saloon.

Plutôt grand (un peu moins d’une quarantaine de chaises, à vue de nez) et agrémenté de deux écrans géants diffusant le match portugais du jour en V.O non sous-titré; le O Paraiso est même doté d’une pseudo-terrasse. En fait, c’est des petites tables et des chaises astucieusement posées contre la vitrine, orientée vers la Rue de Lyon (la plus longue de la ville et par conséquent très fréquentée -merci pour les bronches).

Ce jour là, nous nous sommes plutôt décidés pour l’intérieur. Le troquet était désert mais la musique prenait déjà une place considérable, il s’agissait d’une sorte de techno basique comme celle des compiles « tuning party » que l’on achète par paquets de 10 dans les boui-bouis spécialisés en articles tombés du camion.

Bref, nous sirotions nos Carlsberg à 3.50.- quand la patronne s’est mise en tête d’augmenter le son de la chaîne hi-fi. Nous continuons à parler entre nous, tandis qu’elle montait encore le volume; tout en nous dévisageant d’un regard de défi, comme dans les concours de décibels. Elle a continué ainsi jusqu’à ce que nous décidions de partir, et ce n’est que lorsque le dernier d’entre nous eut franchi le seuil qu’elle remit le volume à un niveau supportable.

- Hé vous, on aime pas trop les gens dans vot’genre par chez nous!

- Et nous on aime pas trop les gens qui disent quils aiment pas trop les gens dans not’genre par chez nous.

Skitters – South Park

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40, Rue de la Servette

Quand on est chroniqueur de la Fin du Monde on ne se déplace pas sans son appareil photo et sa fiche pour prendre les notes. Et de ce fait, quand on fais exception on regrette toujours son manque de zèle.

Ce fut le cas pour Le Portail, où la vitrine arborait fièrement un « Vendredi et samedi: Soirée dansante et pieds de porcs », qui a malheureusement été enlevé à notre passage suivant.

Quoi qu’il en soit, ce bar mérite le détour; puisqu’il est situé le long de la Rue de la Servette; rue qui permet d’interminables barathons, car recelant de nombreux troquets.

La décoration, d’abord est plus intéressante: elle semble avoir été directement importée d’un chalet de montagne du fin fond de la Suisse…du bois partout, des décorations alpestres, une lumière tamisée, etc… Le public déteint un peu, puisque -lors de notre passage en tout cas- le bar était remplis -comme il se doit -de vieux philosophes alcooliques, mais apparemment tous d’origine sud africaine. Après tout, si les étrangers fréquentent des Bars de la Fin du Monde décorés en chalet suisses, c’est un bel exemple d’intégration réussie.

Comme dans tout bar qui se respecte, Le Portail possède une télévision. Mais sur le coup, ce n’était ni les informations, ni le match du soir qui passait; mais un reportage animalier. Sans le son, il est vrai, mais ça mérite d’être souligné.

Au beau milieu de notre petite Amstel à 3.20.-, un écriteau corné et enluminé d’un clipart attira notre attention « Vin du Patron : deux francs ».

En bon chroniqueurs, nous nous sommes laissés tenter, mais le vitriol « rayeur-de-cerveau, décapant-d’estomac » que l’on nous a servi a suffit à nous faire fuir avant de commander une seconde tournée.

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37 Rue de la Servette

Le grand axe genevois maintenant libéré de ses bulldozers et de nouveau doté d’un train urbain qui, somme toute, est bien pratique, nous nous risquons donc à arpenter ses trottoirs. Quand on chronique des bars de la fin du monde et que l’on tombe sur un établissement nommé « Le Petit Bistro », on se méfie ! C’est un peu trop facile. Ils doivent chercher à faire fin du monde mais sont loin d’avoir la marque de fabrique qu’on penserait…

Et bien non ! Ce Petit Bistro là était bel et bien estampillé fin du monde ! Oui Môssieur !

Comme d’hab, les têtes dévisageantes à notre entrée, on finirait presque à y prendre goût. On s’assied ? Ouais bin t’as le choix avec l’énorme banc monobloc d’un bon 15m (cherchez pas, il n’y a pas de « et… autre alternative »). C’en est si imposant qu’on en oublierait presque de commander ! Non… tout de même !

Le doux son de rythmes latins et les fredonnements des quelques piliers de bar garanti ibériques nous permirent de passer les brèves minutes précédant l’arrivée de nos 2 Feld Hopfenperle, tout a fait respectablement servie en dose de 25cl. au prix traditionnel de 3 CHF.

C’est le gosier allégé que l’on peut maintenant laisser vaquer notre regard, enfin pas longtemps puisqu’un vendeur de camelote nous assailli de guirlande de noël, de montres, de briquet-couteau à cran d’arrêt, … On eu tout de même le temps de remarquer une impressionnante collection de briquets surplombant le bar, le jour ou elle fera le tour de la salle ça aura de la gueule, un coucou, une liste de prix en windings (jdour : 4.50.-) et ! Et ! Une horloge murale avec un panneau « Attention, Heure d’été » ce qui était effectivement le cas (nous y étions donc en décembre, d’où également le chinois et ses guirlandes). Tant de composantes qui font du lieu un bon bar de la fin du monde !

C’est donc le cœur revigoré que nous sortîmes se confronter au froid urbain passant le rideau de ce Petit Bistro à qui le terme de pittoresque convient très bien.

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2 Rue des Lilas

Le Bar des Lilas était une sorte de passage obligé pour l’un des deux chroniqueurs que nous sommes car ayant toute sa vie habité à deux pas (allez ! 10 !) de ce troquet, on ne pouvait l’ignorer !

Mais malgré une devanture relativement prometteuse, on aurait pu s’attendre à mieux ! Bar-de-la-fin-du-monde parlant bien sur ! Donc ! Passé la porte on trouve un bar tout ce qu’il y a de plus commun, tite déco de noël sympa, cinq tables de deux places chacune… mais dis donc ! Il est tip top l’endroit !

On notera quand même que sur les deux clients présents, tous buvaient du champagne avec la patronne ! C’était la période des fêtes ok, mais ce n’était pas jour de fête ! Et les bars qui ouvrent une bouteille de champ’ juste pour 2 coupes, c’est bien rare ! Z’on ptêtre ça à la pression dis donc !

Ce n’est pas tout ça mais nous on a soif ! Alors on commande, jouons avec les jolies boules/fausses bougies qui changent de couleurs aléatoirement. On garde tous son âme d’enfant ! Arrivent nos Hopfenperle de 25cl., tiptop aussi, à 3.50CHF. Heureusement, la terrasse est plus animée en été quand même…

 

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Carrefour du Bouchet

Coincé dans un coin du Carrefour du Bouchet, entre les lignes de tram fraîchement posées et les chantiers chaotique; avoisinant une église douteuse -du genre où il faut payer pour entrer, un dépanneur miteux et un magasin d’accessoires pour bébés; logé dans un immeuble HLM avec vue sur la route: Le Winchester faisait de l’œuil aux amateurs de Fin Du Monde que nous sommes.

Nous pénétrons donc dans ce minuscule établissement décoré, comme on pouvait s’y attendre, façon Western et rempli jusqu’à la gueule de fatras américano-spaghetti.

« On va bientôt fermer » nous précise la charmante famille qui semblait vivre autour du zinc. Ce qui donnait d’ailleurs une désagréable impression; un peu comme quand on débarque par erreur chez le voisin en cherchant une surprise-party. Bref. « On va faire ça vite » qu’on réponds.

On nous sert donc deux Heineken à 3.40.-; pendant que nous tentons de nous glisser sous la basse mezzanine en bois, qui fut apparemment montée par dessus les trois tables du troquet pour faire « saloon ».

Entre nous et le bar, des vitrines remplies de pistolets en plastique, de boucles de ceinture country et d’objets typiquement….hé bien, typiques, probablement.Aux murs, entre des portraits d’apaches; une rangée de vestes à franges et de gilets en cuirs bruns clairs. Vous voyez le genre. De bon goût, quoi.

On écluse donc nos deux pressions sur le pouce et prenons le chemin de la sortie. On s’attendait à entendre un « bonne route, cowboys » agrémenté de hennissement et de coups de feu; mais on a dû se contenter d’un « au revoir, bonne soirée » des plus classiques.

La prochaine fois on ira au Buffalo Grill ou au Mac Do; ça sera plus exotique.

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