42, rue de Lyon

Lors d’un mémorable barathon, les chroniqueurs zélés que nous sommes; accompagné de notre clique de fidèles « alcoolytes », nous sommes arrêtés dans ce qui semblait être au premier abbord une sorte de melting-pot entre un restaurant lounge et un café portugais tout ce qu’il y a de plus banal.

Nous n’avons pas été déçus, puisque l’accueil qui nous a été fait restera dans nos mémoire, et rappellera aux fans de « Easy Rider » la scène du saloon.

Plutôt grand (un peu moins d’une quarantaine de chaises, à vue de nez) et agrémenté de deux écrans géants diffusant le match portugais du jour en V.O non sous-titré; le O Paraiso est même doté d’une pseudo-terrasse. En fait, c’est des petites tables et des chaises astucieusement posées contre la vitrine, orientée vers la Rue de Lyon (la plus longue de la ville et par conséquent très fréquentée -merci pour les bronches).

Ce jour là, nous nous sommes plutôt décidés pour l’intérieur. Le troquet était désert mais la musique prenait déjà une place considérable, il s’agissait d’une sorte de techno basique comme celle des compiles « tuning party » que l’on achète par paquets de 10 dans les boui-bouis spécialisés en articles tombés du camion.

Bref, nous sirotions nos Carlsberg à 3.50.- quand la patronne s’est mise en tête d’augmenter le son de la chaîne hi-fi. Nous continuons à parler entre nous, tandis qu’elle montait encore le volume; tout en nous dévisageant d’un regard de défi, comme dans les concours de décibels. Elle a continué ainsi jusqu’à ce que nous décidions de partir, et ce n’est que lorsque le dernier d’entre nous eut franchi le seuil qu’elle remit le volume à un niveau supportable.

- Hé vous, on aime pas trop les gens dans vot’genre par chez nous!

- Et nous on aime pas trop les gens qui disent quils aiment pas trop les gens dans not’genre par chez nous.

Skitters – South Park

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »

pl. des Grottes

Il y a des bars qui marquent à jamais des vies et des quartiers. On peut par exemple citer la Sportive, qui est une institution findumondesque à elle toute seule (mais qui fera l’objet d’une chronique lus tard). Ces bars sont de tels requiems aux alcooliques qu’il nous faut y retourner plusieurs fois pour parfaire la chronique.

Quand vous habitez aux Grottes, qu’il est tard et que la soif se fait ressentir; il y a le choix entre plusieurs lieux de ce genre. On saluera au passage le 10bis, un des derniers bars squats genevois, qui ne ferme pas de toute la nuit. Celui du jour, c’est L’Espadon; excellent bar situé dans un angle de rue, sur la place du quartier.

Que de souvenirs dans ce petit lieu (8 tables serrrrrrées – que de promiscuité), que certains surnomment amicalement « La Morue », et où il est toujours possible de boire une dernière tournée (une dernière pis on y va…ou encore une après?) au son bigarré des vieux poivrots râlant et éructant.

La dernière fois que nous nous y sommes perdus; le Dieu de l’ambiance était de nôtre côté, puisqu’il s’y était organisé une authentique « Jam Session », apportant de vagues mélodies cacophoniques à l’atmosphère déjà bien bruyante.

A peine avons nous eu le temps d’avaler nos deux 1664 à 3.60.- qu’un client s’était déjà saisi d’un saxophone qui traînait et en profita pour nous jouer un peu de very-free-jazz de son cru. Piqués par le cocasse de la situation, nous l’encourageâmes d’un « pouce levé » et d’un sourire crispé. Flatté, il continua jusqu’à notre départ, malgré les protestations de ses voisins de table.

Dernier détail pour les gourmets: apparemment, des repas peuvent y êtres avalés à certaines heures de la journée mais, prudents, nous ne nous y sommes pas risqués…

Situation: Quartier des Grottes | Chroniqueur: olive | 2 Commentaires »

40, Rue de la Servette

Quand on est chroniqueur de la Fin du Monde on ne se déplace pas sans son appareil photo et sa fiche pour prendre les notes. Et de ce fait, quand on fais exception on regrette toujours son manque de zèle.

Ce fut le cas pour Le Portail, où la vitrine arborait fièrement un « Vendredi et samedi: Soirée dansante et pieds de porcs », qui a malheureusement été enlevé à notre passage suivant.

Quoi qu’il en soit, ce bar mérite le détour; puisqu’il est situé le long de la Rue de la Servette; rue qui permet d’interminables barathons, car recelant de nombreux troquets.

La décoration, d’abord est plus intéressante: elle semble avoir été directement importée d’un chalet de montagne du fin fond de la Suisse…du bois partout, des décorations alpestres, une lumière tamisée, etc… Le public déteint un peu, puisque -lors de notre passage en tout cas- le bar était remplis -comme il se doit -de vieux philosophes alcooliques, mais apparemment tous d’origine sud africaine. Après tout, si les étrangers fréquentent des Bars de la Fin du Monde décorés en chalet suisses, c’est un bel exemple d’intégration réussie.

Comme dans tout bar qui se respecte, Le Portail possède une télévision. Mais sur le coup, ce n’était ni les informations, ni le match du soir qui passait; mais un reportage animalier. Sans le son, il est vrai, mais ça mérite d’être souligné.

Au beau milieu de notre petite Amstel à 3.20.-, un écriteau corné et enluminé d’un clipart attira notre attention « Vin du Patron : deux francs ».

En bon chroniqueurs, nous nous sommes laissés tenter, mais le vitriol « rayeur-de-cerveau, décapant-d’estomac » que l’on nous a servi a suffit à nous faire fuir avant de commander une seconde tournée.

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: olive | 2 Commentaires »

33bis Rue de Lyon - « Coup de Boule de la Rédaction »

Au cours d’un barathon mémorable, le duo de joyeux drilles que nous sommes est tombé sur la perle rare: Situé dans un quartier populaire aux abords de la Gare Cornavin, la vitrine recouverte de guirlandes faiblement clignotantes et de sapins en plastique blanc (nous étions en période de fêtes) semblait se cacher dans le décors gris et sangloter « pitié, n’entrez pas ».

Téméraires, nous entrâmes.

Immédiatement, un père Noël biscornu et suspendu au milieu du bric-à-brac se mit à jouer « Jingle Bells » d’un son aigu et lent (fin de piles?) dans la plus pure tradition des décorations fabriquées par des enfants enchaînés dans des caves thaïlandaises.

Presque simultanément, une odeur de fondue mêlée à celle de mobilier rarement lavé et de vieilles personnes fâchées avec leur savon nous montâmes aux narines.

La taulière, verre de vin blanc à la main, cigarette en bouche; nous demanda, d’une moue rebutée, ce que nous désirions. Après avoir servi une fondue à un des trois autres client (ils mangeaient chacun une fondue, seuls); et toujours la clope au bec, elle nous amena nos deux bières pression.

En portant les verres à nos lèvres, nous sentîmes soudain nos sens se mettre en alerte. Un peu comme quand, mal réveillé, on se sert un grand verre d’eau de javel à la place du lait, le matin. Nous avalâmes avec peine une première gorgée de ce qui fut la pire bière de notre vie! Sous une apparence de Cardinal à 3.80.- (pas donnée pour le quartier), nous découvrîmes une bière -je sens que certains vont croire que nous exagérons- puante et remplie de grumeaux! Comme si la tireuse avait moisi sur pied depuis belle lurette.

La radio fit résonner dans l’atmosphère « Roxane » de The Police. En nous souvenant d’un vieux jeu à boire, nous essayâmes de boire une gorgée à chaque « Roxane » prononcé. Au milieu du verre, nous fûmes sauvés par un changement brusque qui remplaça la radio par une vieille cassette de Johnny Halliday.

L’estomac au bord des lèvres, nous profitâmes d’une discussion entre la patronne et le cuisinier (sans doute son mari – cheveux longs à l’arrière d’un crâne chauve et visage rougeaud, habillé d’un costard démodé) pour mélanger nos deux restes de bières et pour aller jeter son contenu aux toilettes (qui, étonnamment, étaient propres).

Nous avons continué notre barathon après nous être arrêté deux fois pour tenter de vomir (nous n’y sommes pas parvenu – les grumeaux bouchant notre gorge, probablement). Au prochain troquet, nous avons dû prendre deux Cocas pour nous désintoxiquer avant de recommencer nos chroniques.

Situation: Abords de Cornavin | Chroniqueur: olive | 12 Commentaires »

37 Rue de la Servette

Le grand axe genevois maintenant libéré de ses bulldozers et de nouveau doté d’un train urbain qui, somme toute, est bien pratique, nous nous risquons donc à arpenter ses trottoirs. Quand on chronique des bars de la fin du monde et que l’on tombe sur un établissement nommé « Le Petit Bistro », on se méfie ! C’est un peu trop facile. Ils doivent chercher à faire fin du monde mais sont loin d’avoir la marque de fabrique qu’on penserait…

Et bien non ! Ce Petit Bistro là était bel et bien estampillé fin du monde ! Oui Môssieur !

Comme d’hab, les têtes dévisageantes à notre entrée, on finirait presque à y prendre goût. On s’assied ? Ouais bin t’as le choix avec l’énorme banc monobloc d’un bon 15m (cherchez pas, il n’y a pas de « et… autre alternative »). C’en est si imposant qu’on en oublierait presque de commander ! Non… tout de même !

Le doux son de rythmes latins et les fredonnements des quelques piliers de bar garanti ibériques nous permirent de passer les brèves minutes précédant l’arrivée de nos 2 Feld Hopfenperle, tout a fait respectablement servie en dose de 25cl. au prix traditionnel de 3 CHF.

C’est le gosier allégé que l’on peut maintenant laisser vaquer notre regard, enfin pas longtemps puisqu’un vendeur de camelote nous assailli de guirlande de noël, de montres, de briquet-couteau à cran d’arrêt, … On eu tout de même le temps de remarquer une impressionnante collection de briquets surplombant le bar, le jour ou elle fera le tour de la salle ça aura de la gueule, un coucou, une liste de prix en windings (jdour : 4.50.-) et ! Et ! Une horloge murale avec un panneau « Attention, Heure d’été » ce qui était effectivement le cas (nous y étions donc en décembre, d’où également le chinois et ses guirlandes). Tant de composantes qui font du lieu un bon bar de la fin du monde !

C’est donc le cœur revigoré que nous sortîmes se confronter au froid urbain passant le rideau de ce Petit Bistro à qui le terme de pittoresque convient très bien.

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: mac | Pas de commentaires »

2 Rue des Lilas

Le Bar des Lilas était une sorte de passage obligé pour l’un des deux chroniqueurs que nous sommes car ayant toute sa vie habité à deux pas (allez ! 10 !) de ce troquet, on ne pouvait l’ignorer !

Mais malgré une devanture relativement prometteuse, on aurait pu s’attendre à mieux ! Bar-de-la-fin-du-monde parlant bien sur ! Donc ! Passé la porte on trouve un bar tout ce qu’il y a de plus commun, tite déco de noël sympa, cinq tables de deux places chacune… mais dis donc ! Il est tip top l’endroit !

On notera quand même que sur les deux clients présents, tous buvaient du champagne avec la patronne ! C’était la période des fêtes ok, mais ce n’était pas jour de fête ! Et les bars qui ouvrent une bouteille de champ’ juste pour 2 coupes, c’est bien rare ! Z’on ptêtre ça à la pression dis donc !

Ce n’est pas tout ça mais nous on a soif ! Alors on commande, jouons avec les jolies boules/fausses bougies qui changent de couleurs aléatoirement. On garde tous son âme d’enfant ! Arrivent nos Hopfenperle de 25cl., tiptop aussi, à 3.50CHF. Heureusement, la terrasse est plus animée en été quand même…

 

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Carrefour du Bouchet

Coincé dans un coin du Carrefour du Bouchet, entre les lignes de tram fraîchement posées et les chantiers chaotique; avoisinant une église douteuse -du genre où il faut payer pour entrer, un dépanneur miteux et un magasin d’accessoires pour bébés; logé dans un immeuble HLM avec vue sur la route: Le Winchester faisait de l’œuil aux amateurs de Fin Du Monde que nous sommes.

Nous pénétrons donc dans ce minuscule établissement décoré, comme on pouvait s’y attendre, façon Western et rempli jusqu’à la gueule de fatras américano-spaghetti.

« On va bientôt fermer » nous précise la charmante famille qui semblait vivre autour du zinc. Ce qui donnait d’ailleurs une désagréable impression; un peu comme quand on débarque par erreur chez le voisin en cherchant une surprise-party. Bref. « On va faire ça vite » qu’on réponds.

On nous sert donc deux Heineken à 3.40.-; pendant que nous tentons de nous glisser sous la basse mezzanine en bois, qui fut apparemment montée par dessus les trois tables du troquet pour faire « saloon ».

Entre nous et le bar, des vitrines remplies de pistolets en plastique, de boucles de ceinture country et d’objets typiquement….hé bien, typiques, probablement.Aux murs, entre des portraits d’apaches; une rangée de vestes à franges et de gilets en cuirs bruns clairs. Vous voyez le genre. De bon goût, quoi.

On écluse donc nos deux pressions sur le pouce et prenons le chemin de la sortie. On s’attendait à entendre un « bonne route, cowboys » agrémenté de hennissement et de coups de feu; mais on a dû se contenter d’un « au revoir, bonne soirée » des plus classiques.

La prochaine fois on ira au Buffalo Grill ou au Mac Do; ça sera plus exotique.

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22 Rue Lamartine

C’est à côté d’une charmante épicerie de quartier, derrière une haie aussi fournie que le décolleté de Milla Jovovich, que se dissimule la devanture de L’Anchois D’Argent. Que de souvenirs retrouvés passant la porte de ce qui était la cordonnerie où allaient les parents de l’un de nous durant sa petite enfance…mouais en fait non, pas vraiment de souvenirs.

En plus, nous, on chausse des baskettes.

Mais alors quel plaisir d’entrer dans un troquet dont la salle fait un tiers de la taille de mon salon (ce dernier étant, certes, spacieusement aménagé, mais n’en est pas moins d’une taille tout a fait commune) et, comme à l’accoutumé dans les lieux que l’on a visité, se faire agresser par un volume sonore qui ferait défaillir la bibliothécaire de votre ancienne école secondaire (oui ! celle là même qui ‘criait’ chhhhhhttttt) le tout produit par les quatre clients et le parton hurlant pour couvrir le volume excessif de la télé diffusant un passionnant documentaire animalier en anglais sous-titré portugais. 

La commande passée, nous eûmes tout le temps d’admirer l’admirable décoration typée ibérique agrémentée de ballon de foot accroché à une lampe, une ravissante horloge-ballondebasket et de plus qu’improbables morgensterns. L’endroit est bien sur équipé d’un beamer pour les matchs de football et, probablement par flemme du patron lors de ces mêmes matchs, d’un distributeur de boisson ! (huhum, dans un bar de 10m² ! et arrêtez de penser qu’ils auraient pu baisser le son de la télé plutôt que de brailler ! Vous êtes beaucoup trop rationnel !)

Nos eaux maltées arrivées, nous ne pûmes nous empêcher de remarquer les nappes traditionnelles, coupées en deux, et recousues avec une moitié d’un autre coloris.

Même si jusqu’ici, ce n’est pas spécialement dans nos inspirations de décorateurs d’intérieur, il nous fallait reconnaître que leur coup de la vitre couvrant les dites nappes et leur évitant de finir cartonnées par la bière tombée était des meilleure !

Vu qu’on parle bière… hé bah parlons-en ! Quelles ne furent pas nos craintes voyant arriver nos verres de 25cl ornés du fameux logo vert de la ‘fameuse’ marque hollandaise, mais elles (les craintes) firent vite place à l’étonnement, celui d’apprécier une Heineken qui nous paru quasi-fruitée pour la modique somme de 3.20 CHF. 

Comme quoi même avant la fin du monde on peut avoir des surprises.

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4, Quai du Rhône

Trouver un bar ouvert un dimanche soir n’est pas chose aisée, sauf quand il s’agit d’un Bar de la Fin du Monde en bonne et dûe forme.

La communauté portugaise genevoise, très nombreuse mais de bonne compagnie, est assez présente dans le milieu de la restauration. On le ressent surtout lors des matches de foot, où drapeaux et cris sortent des cafés pour illuminer la monotone Cité de Calvin.

Dimanche soir, donc. Plein hiver. Nous traversons le pont Sous-Terre où les lampadaires oranges se reflètent dans les flaques d’eau. Quelques rares voitures sillonnent les alentours, fantomatiques bolides de lumières disparaissant au loin.. La bonne ambiance quoi.

Bref, on rentre dans le troquet portugais du coin: le « Ole » bar. L’un  de nous s’y étais déjà aventuré quelques fois, notamment un jour d’envie de grosse commission irréfrénable. Les toilettes du Café lui avait pour ainsi dire sauvé la vie, ou du moins la face.

Une autre fois, un client éméché au physique de catcheur en fin de carrière nous avait mis en garde sur le fait que les punks n’étaient pas les bienvenus ici; avant de se faire rasseoir par son voisin de tabouret.

Un établissement prometteur, donc, qu’il nous tardait de chroniquer.

Composé exclusivement d’hommes jouant au Poker à la lumière de la TV « du pays » - et malgré le poster géant de Mona Lisa fumant un joint - la population du soir ne semblait pas très encline à la rigolade avec des nouveaux venus. 

Le barman ne parlant français que de façon imagée, nous désignâmes la tireuse de bière avec l’international couple de doigts signifiant « patron: servez nous donc de votre meilleur tonneau de cervoise fraîche; le chemin nous a grandement assoiffé. Et des cacahuètes, si c’est possible. »

En fait de cervoise fraîche, nous dûmes nous contenter de deux pauvres bouteilles de Super Bock 25cl à 3 Francs; et en fait de cacahuètes…d’un plat de cassoulet format « de bonne facture » avec des cures-dents pour piquer les saucisses!

Détail intéressant: la structure du bar, en bois, style rustique; est très bien faite. De mauvaises langues aurait rebondis sur le sujet en disant « bien sûr, quand on a des relations dans le métier du bâtiment c’est facile ». Mais nous, on est pas comme ça…

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13, Avenue de la Jonction

C’est en s’engageant en direction de l’ancien dépôt TPG de la jonction que nous sommes tombés sur ce débit de boissons comme on les aime. Avec une devanture classique des bâtiments de fin XIXe, de grandes vitres donnant sur un intérieur aéré vêtu d’un crépi récemment repeint, l’établissement peut se gauger d’avoir pas une ni deux mais bien trois portes. La première placardée d’un panneau « porte hors service »… qu’à cela ne tienne ! La deuxième barricadée par une borne à fléchettes ! Hum… arrivés devant la troisième, même topo ! 

Après une longue minute à considérer les différentes options qui s’offraient à nous et vu ce premier contact avec l’endroit qui s’avérait plus que prometteur, il nous fallait entrer. Nous choisîmes donc la première, qui s’avéra en parfait état d’usage.

Quelle bonne blague que celle dont nous venons d’être victime. Haha.

Alors que nous voici entrés dans le lieu, pouvant respectablement accueillir ses 70 clients assis, on ne put empêcher de se faire assaillir d’une pub NRJ assurément plus forte que l’homme de loi suisse ne l’a prévu le tout sur un décor de récup’, de miroirs XVIIIe, de vieux fauteuils tendus de rouge, d’un bar ultramoderne et d’arcades. Quelques vieux beaux dans le fond, apparemment surpris quelques secondes de l’entrée de notre dégaine de gens du peuple.

Commande passée, sous bock Heineken posés sur la table, surmontés de verres Cardinal de 25cl, eux-mêmes emplis de Carlsberg… De quoi tuer tous les fournisseurs et brasseurs hollando-dano-suisses des dites marques. Mais la marque danoise nous délivrât là une bière aussi bonne qu’elle les fait en Suisse pour la somme correcte de 3.30.- 

Malheureusement notre empressement à chroniquer un prochain bar nous empêchât de tenter une petite partie de fléchettes….

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