Rue du Contrat Social 4

On nous avait dit « le quartier de St. Jean grouille de bars! ». C’est faux: les seuls arcades que l’on peut y trouver sont des tea rooms et des restaus. D’ailleurs, ils étaient tous fermés, ce dimanche-là, alors que nous titubions sous la pluie avec la Tribune des Sports en guise de parapluie.

On fini tout de même par trouver une porte ouverte: celle du café-restaurant « Chez Tomy » qui semblait correspondre aux critères de bases. On s’est donc assis en attendant nos Feld Hopfenperle à 3.50.-.

La déco, tout de suite, nous frappa: un Elvis sur le bar, entouré de bric-à-brac, et encadré dans une guirlande clignottante semblait se dire « Mais qu’est-ce que je fous ici? » ou encore « Ne soit pas cruel avec un cœur vrai, je ne veux aucun autre amour, bébé, c’est juste toi à qui je pense ».

elvis

Alors que le service du restaurant allait commencer, un groupe de gens -probablement des amis des gérants- s’étaient mis en tête d’accrocher un support mural pour télévision, juste là, maintenant, au dessus des tables.

Ça aurait du être envoyé en 10 minutes, mais un point du mode d’emploi ne devait pas être clair; puisqu’ils n’avaient pas fait la moitié lorsque nous sommes partis. « On la met comment? Comme ça? » proposait l’un, en tenant un bout du support à 45°, debout sur une table. « Mais non, y a la lampe là. » rétorquait l’autre. C’est vrai que poser côte à côte un écran plat et une lampe n’est peut être pas une très bonne idée. Toujours est-il que le premier conclut par un « De toutes façon cette lampe n’a jamais vraiment marché » (alors qu’elle était allumée).

Derrière eux, le mur du restaurant faisait dans le rustique: une fourche en bois côtoyait des lampes old school et des délicieuses faïences. Ça ne jurait quasiment pas avec le coin bistrot qui était décoré de plaques émaillées représentants des petits chiens et des pubs coca-cola, au dessus d’un long rideau richement cousu et d’un petit auvent en bois.

Comme c’était plus ou moins le seul débit de boisson ouvert dans le coin, la salle se peuplait peu à peu d’une étrange faune que nous décririons par « des sortes de cailleras, mais vieux. » Casquettes, trainings, language « ouaiche-ouaiche », pose décontracté dite « du mollusque » et attitude sans-gène. Mais dans les trente, trente-cinq ans quand même…ça devrait pas grandir.

Nous partîmes alors qu’ils commençaient à draguer la serveuse qui devait bien avoir dix ans de plus qu’eux, en achevant un paquet de chips grand format devant deux verres de bières et de sirop de menthe. Une fois que nous passâmes la porte, la pluie battait le pavé de plus belle.

Situation: Quartier de St. Jean | Chroniqueur: olive | 3 Commentaires »

1 Quai du Cheval Blanc

Nous recevons de plus en plus de messages, mail et SMS pour nous conseiller d’aller visiter l’un ou l’autre bistrot. Celui du jour nous a été décrit par un de nos fidèles lecteurs, Jean-Claude Bourré, comme étant « super glauque ».

Ni une, ni deux; et puisque nous étions justement dans le quartier; nous empruntâmes la route de ladite taverne.

Arrivés à quelques mètres de l’arcade nous fûmes fort déçus: l’enseigne était éteinte. Nous passons devant, regardons par la vitrine. Effectivement c’était fermé. En bons chroniqueurs, nous nous penchons sur la porte pour regarder les horaires. Quelle ne fut pas notre surprise quand nous découvrîmes un panneau « ouvert ». Nous nous regardons mutuellement dans les yeux, l’air inquiet. Je pousse la porte. Elle s’ouvre.

La carrure du tenancier rappelait à peu de chose prêt Boris Karloff dans Frankenstein. Tout habillé en vert pâle, rappel typique des chirurgiens de mauvais films d’horreurs.

Un silence proche des acouphène d’après-concert s’installe. Pourtant une télévision branchée sur bluewin TV (dont le logo occupait un bon tiers de l’image, il doit bien y avoir une touche qui permet de le supprimer?) diffusait en quasi-sourdine une étrange émission appelée « Falha Nossa »; qui, après une recherche sur google, se révèle être une sorte de talk-show brésilien. Si vous passez par le Brésil cet été, pensez à ne pas allumer la télé.

Pour vous décrire le mobilier du bar, je vous propose de vous remémorer ces faux appartements, aménagés de façon la plus éthérée qui soit, dans les magasins de meubles. Tout semble neuf, sent le neuf, brille; mais n’a pas une bonne mine pour autant. Murs bleu ciel, agrémentés de bandes bordeaux clair et plafond vert clair éclairé au néon, enjolivé de ventilateurs dorés et d’installations anti-bruits. Vous voyez ce genre de reliefs à caissons, comme ceux des garages? Aucune idée de comment s’appellent ces trucs, si un lecteur fabriquant de plafond nous lit…

La vitrine s’ornait d’un magnifique logo rappelant un peu les test de Rorschach et représentant un magnifique….kayak. Comme quoi le graphiste a été peu soucieux de se renseigner sur les canoës.

On nous apporte deux 1664 à 3 balles (un bon point, ce qui nous donne un total de un point pour l’instant, mais tout reste possible). Les sous-bocks, par contre, étaient parmi les plus sales qui nous ait été donnés de voir, a tel point que la photo était presque complètement effacée par les taches et l’usure. Nous avons tenté d’en embarquer un pour vous montrer; mais le patron a été plus rapide et s’en est saisi a peine notre bière achevée. Peut être qu’on lui avait déjà fait le coup? Ou alors c’était ses deux seuls sous-bock?

Tandis que Mac se saisi d’un magazine pour attaquer un passionnant article sur l’anorexie, photos de mannequins style Aushwitz à l’appui; votre serviteur (Olive, donc) tourne négligemment la tête pour regarder du côté du bar. Surprise: une tête de femme émerge timidement de derrière le bar, et y redisparaît aussitôt sans un bruit. Gasp. Après les affaires Fritzl, on peut vite se faire des mauvais films. Nous n’avons pas posés de questions.

En sortant enfin du bar, c’est comme si le temps s’était arrêté. Nous n’aurions pas pu dire si nous avions passés dix minutes, une demi-heure, ou trois heures dans cette ambiance de mort.

Nous nous dirigeâmes aussi vite que possible vers notre cible suivante qui s’annonçait du même tonneau, qui -heureusement pour notre moral déjà bien en baisse- était fermé.

Photo par Jean-Claude Bourré. Merci à lui.

Situation: Quartier de Carouge | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »

63 bd de St-Georges

Essayez un peu de trouver un bar ouvert un dimanche de Pentecôte, qui plus est à 22h un soir de pluie. L’appellation exacte de cette attitude est masochisme, mais on peut aussi la définir par obstination maladive contre vents et marrées.

Bref, nous étions trois, nous étions trempés et nous ne trouvions d’ouvert que quelques kebabs malodorants. Soudain, une arcade se dresse devant nous comme un flan aux pruneaux se dresse devant un ventilateur. Vitrine vide et insipide; le citoyen lambda aurait pu passer dix fois devant sans le remarquer; mais nous sommes des spécialistes.

La souricière! Voilà un nom findumondesque comme on en fait plus. Le trou à rat ou le nid de cafards n’aurait pas été plus chic.

Une fois à l’intérieur, c’est comme si nous avions franchis un portail interdimentionel: nous nous attendions à un bistrot de quartier moisi peuplé de vieux suisses rougeaud. Il n’en fut rien. L’ambiance était typiquement africaine: masques aux murs, tables basses en rondins de bois, fauteuils multicolores, chants et tam-tam. Clientèle noire ébène, serveuse lookée « grosse mama ».

Nous regardions autour de nous. Un carton fluo indiquait « coca : 35! » au dessus de la cheminée. Deux autocollants Genève Servette plus que passés témoignaient probablement d’un ancien propriétaire plus « local ». Un tableau noir annonçait le menu: Ragoût de queue de bœuf. Ça ce mange? Faut croire.

Comble du bon goût, un poster au dessus du bar représentait un dessin des plus cocasse: une fille-souris coincée dans un piège, avec un mec-souris en train de la prendre par derrière. Eeeek.

La patronne arrive vers nous et prend la commande. Ce fut trois bières. Elle revint pour savoir si on voulait des petites ou des grandes. On prit des petites. Elle revint pour savoir si on les voulait dans un verre ou à même la bouteille. On économisera une vaisselle, nous choisîmes le goulot. Elle nous apporta les bières et la quittance. Nous en eûmes aussitôt le souffle coupé: 5.- la bouteille d’Heineken! Les tables voisines en buvait également, mais au format litron.

Nous essayâmes de savourer au mieux nos amères breuvages. Derrière nous, une bibliothèque semblait avoir été plongée dans une piscine, tant les livres étaient abîmés. Quelques pages volantes et jaunies, quelques reliures isolées de tout contenu, des vieux magazines cornés et des romans qui avaient probablement été achetés en lot de liquidation au marché aux puces. Nous retentâmes « Le Sang Impur » et quelques Metal Hurlants, qui n’étaient plus en état d’hurler quoi que ce soit.

Une cliente, depuis les toilettes: « Mama! Il y a plus de lumière! » et ladite Mama de rabaisser le disjoncteur sciemment encastré dans le bar pour relancer la machine.

On s’est cassé après la douloureuse, en emportant ce joli flyer publicitaire:

La Souriciere

Situation: Quartier de la Jonction | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »

9 Rue du Grand Bureau

Certaines fois, on passe devant un bar et on hésite. On est des professionnels, et il ne manquerait plus qu’on perde du temps dans un bar tout ce qu’il y a de plus normal. Par exemple, hmm…ça a l’air propre, mais d’un autre côté la déco est ultra moche…la serveuse est mignonne mais elle a un furoncle sur la joue…des choses comme ça.

Ce jour là, on passait devant Le Cyrano, un bar-restau, où on hésitait justement. Deux grosses filles en train de parler de leurs aventures sexuelles sur la terrasse nous on fait nous décider. Nous entrâmes.

Deux Cardinal à 3.80.- plus tard, on se regardait bêtement en nous disant qu’on était peut être pas tombés sur un vrai Bar de la Fin Du Monde. Nous observâmes.

On peut pas dire que l’ambiance cassait tout: les tenanciers, probablement un couple, semblaient être nés dans les meubles. La serveuse rappelait un peu la patronne des bains dans Le Voyage de Chihiro. Yubaba. Oui, voilà. 17 tables vides nous entouraient et la télévision ne donnait plus signe de vie. Quelques gravures, peut être sur cuivre, semblait nous supplier de les détacher et les emmener loin de ce triste mur; nous fîmes comme si de rien n’était. Deux moustachus étaient accrochés au bar et ne disaient rien. L’ambiance des meetings politiques sous Staline n’a pas été perdue pour tout le monde.

Soudain, un événement majeur hissa cet établissement simili-catacombes au niveau permettant de le chroniquer: une cliente commença à parler! Toute seule? Ou aux deux piliers de bar? Effectivement, ils hochaient la tête sans sembler prendre part à la discussion. Comme si les deux côtés de la pièce ne se trouvaient pas dans le même espace-temps, mais était tout de même relié par un mince fil de réalité. Extrait recomposé avec le plus de fidélité possible:

- Giacco m’a invitée au restau…deux-cent cinquante balles le repas…c’est raisonnable. D’accord, je suis en fin de droits au chômage, mais passer de cinquante mètres carrés à deux mètres, pour un bureau…pfff…Ah pis j’ai remis le couvert avec mon ex…enfin, mon ex…le père de mes enfants…et pas qu’une fois hein! Et il a une copine! Wais.

Un bref silence. Puis, s’adressant avec un peu plus de ton aux deux moustachus:

- Wais. J’ai remis le couvert avec mon ex. Et pas qu’une fois. Hé. Kess t’en pense?
-Tant mieux.
- On l’a fait plusieurs fois depuis, mais hého, on va pas revivre ensemble hein!
-Ha bin tant mieux. Tant mieux pour toi.

Sur cette émouvante histoire, mêlant crime et trahison, tendresse et libertinage et nous faisant réfléchir sur la condition de l’humain en ce bas monde, piquant l’auditeur de quelques anecdotes croustillantes, mais sans jamais tomber dans le vulgaire, nous entamâmes la suite de notre tournée.

Situation: Quartier des Accacias | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »

Route des Acacias

Vu que nous avons récemment décidé d’élargir notre périmètre d’investigation, on ne pouvait passer à côté du Tacot Bar. Dans ce haut lieu sportif où sont diffusés les matchs de hockey (si si ! c’est marqué sur la télé ! « Ici bluewin TV ») la situation proche de la patinoire oblige, on vous propose dans une atmosphère plus que sombre une décoration de dizaines de voiture échelle 1 :12 (des ptites voitures quoi, plus grandes que les majorettes de quand fallait pas les mettre à la bouche et plus petites que celle de papa). Même si la grande terrasse vide paraissait nous tendre les bras, on préféra tout de même pouvoir profiter du fabuleux album de Céline (celui de Titanic) qui passait à l’intérieur.

Et bien nous en a pris ! Car même si on en a vu lors de nos aventures findumondesques (hooo oui on en a vu ! croyez moi !), là c’était carrément apocalyptique ! Tout était réuni pour se qui allait s’avérer être une heure du plus pur de ces bonheurs que l’on recherche quand on se lance dans un tel projet que celui-ci. En rentrant, je file aux gogues pendant que mon comparse s’empresse de commander ce qui s’avéreront être de fort bonnes Cardinal de 25cl. à 3.60 tout de même (le prix a sûrement dû grimper pour amortir l’achat de la Renaud Fuego qui est venu compléter dernièrement la collec’). Les commodités, c’est du lourd ! De ces énormes cuvettes autonettoyantes futuristes des 80’s qui tournent après votre humble aumône. Seulement celles-ci on croirait que ça fait un sacré bout de temps qu’elles ne tournent plus, le voyant de panne n’émet plus qu’une faible lueur d’agonie…

En revenant dans la salle, le compère s’était manifestement déjà lié d’un autochtone (le seul client du bar) et semblait avoir une passionnante discussion sur ce thème si cher aux bars de la fin du monde, j’ai nommé le sport ! Ca tombe on ne peut mieux, nous sommes tout deux de grands fans d’évènement sportifs grand public ! … Nan en fait nous c’est plus les troisièmes mi-temps notre credo. Mais les oracles sont unanimes, les bourrés parlant de sport à des gens qu’ils ne connaissent pas (et un poil chauvin, ça c’est bonus) sont de très bons auspices !

Marcel de son nom, 44 c’était le nombre de printemps qu’il a vu (l’indicatif de l’Angleterre aussi si jamais) et Fribourg c’est l’estampillage. Comme tout bon Freiburger, Marcel lui son truc c’est le hockey ! Et, Ô surprise, il supporte Gotteron ! Vu que vous avez tous matez les play-off (oui oui nous aussi ! hum…), vous avez vu, comme Marcel d’ailleurs, les fribourgeois se faire laminer 1 à 6 par Genève ! C’est là que ça devient intéressant (j’vais tenter de le transcrire en ses propres mots) :

- Alors bon ok la charge de Sprunger était limite, mais ils se les faisaient déjà 4 à 1 donc la cassette que Mc Sorley il a envoyé c’était pas la peine. Parce que tu sais où il est la Mc Sorley ? Au Canada ! Ouais ! Nan parce que Julien moi je le voyais à la patinoire de basse-ville il tournait. Moi Julien je le connais on le connaît tous Julien ! Même que hier à Fribourg c’était la fête ! Nous on sait fêter le sport ! Parce qu’à Genève, hein ! Bah t’as vu ! Rien ! Premier goal de Sprunger ! Paf ! Et deuxième ! Nan mais t’as vu le deuxième de Sprunger ! Parce que tu sais que moi Julien je le connais ! Tout petit à basse-ville…

Je m’arrête là. Vous reprenez les mêmes mots, vous les mixez et vous répéter le mélange pendant une heure. En nous apportant la gouleyante 2ème tournée gracieusement offerte par ce cher Marcel, la patronne s’est enquise de la façon la plus désolée et compatissante de si « Tout va bien messieurs… ? ». La pauvre ! Si elle avait pu connaître la délectation qui s’était emparée de nous !

 

Si vous deviez passer vous aussi la portière du Tacot, ne vous attendez pas à avoir autant de chance que nous. Parce qu’une quinte flush pareille, c’est 1/10′000 ! Enfin… vous pouvez toujours demander Marcel !

Situation: Quartier des Accacias | Chroniqueur: mac | 8 Commentaires »

Rue Caroline 4

Le quartier des Acacias, comme celui des Pâquis ou de Carouge, est un véritable repaire à Bars de La Fin Du Monde. Aussi, lorsque nous entamâmes notre tournée du soir; c’est sûrs de nous que nous poussâmes la porte de La Soupière, sous-titré « Chez Michel et OSCAR ». Avec le deuxième nom en majuscule, nous demandez pas pourquoi…peut être que ledit Oscar a mis plus d’argent dans l’achat de l’arcade que Michel? L’histoire ne le dit pas.

On aurait pu d’abord croire à un café en travaux, puisque les trois tables et les quelques chaises de la pièce étaient disposées en vrac dans un coin. Mais non, puisque le patron (était-ce Michel? était-ce Oscar?) nous lança un « on ferme dans vingt minutes! ». Effectivement, la vitrine annonçait « ouvert de 10h à ? » …calcul qui permettrait aisément de remplacer le « ? » par heure h+20 minutes. Bref. Nous nous sommes assis, en nous tortillant pour se caser.

Entamant nos deux Calenda à 3.30.-, nous commençâmes a analyser le décors: une importante collection de casquettes décorait le haut des murs et une partie du bar, des billets de banques étrangers côtoyaient des vases divers et des cache-pots en terre cuite décorés de poussins nous dévisageaient. On pouvait aussi voir un certain nombre de marsupilamis en peluche, suspendus à côté de la porte, qui se déclinaient jusque sur le motif du pull du tenancier.

La clientèle, massés autour du petit zinc, racontaient les derniers potins, galéjades et anecdotes burlesques du quartier. Une des clientes, faisant fi de notre présence racontait bruyamment « …alors il commence a parler, après s’être mis à torse poil, la main dans la poche, genre en se grattant les couilles… » et le public d’éclater d’un rire gras général on vous épargne la suite, mais on pourrait y caser sans hésiter les mots bites, langue, sueur, baise et cul.

N’étant pas trop motivés à sortir un gros appareil photo qui risquait de casser l’ambiance, nous essayâmes de prendre un cliché avec un de nos natels. Manque de pot, la bête buggait. Nous torchâmes donc nos verres, et poursuivîmes notre route.

Situation: Quartier des Accacias | Chroniqueur: olive | 3 Commentaires »

47 Rue de la Servette

La vitrine rappelait un salon de coiffure, une agence de voyage ou un bureau de recrutement de raëliens; mais sûrement pas un bistrot. Pourtant, un petit air de faux-coiffeur nous mîmes la puce à l’oreille: nous entrâmes.

Soudain, l’ambiance chuta de 50 points sur l’échelle de Bozo (échelle de mesure de l’ambiance festive): sur les 14 tables de l’établissement, sans compter le bar, il n’y avait pas un seul client. Pourtant nous étions dans un axe du quartier très fréquenté et exactement à l’heure où les pères indignes abandonnent leur foyer pour aller boire; comme le font les gazelles et les éléphants à proximité des points d’eau.

Seul le tenancier stagnait derrière le comptoir, la tête tournée vers la petite télé murale qui diffusait un starship troopers ou un film du genre, sur RTL9.

-Bonjour. Vous êtes ouverts?
-Quoi?
-Le bar est ouvert?
-Hein?
-C’est ouvert? On peut prendre une bière?

Pas de réponse. On nous amena néanmoins nos bières.

Il faut dire que le volume de la télévision répandait à merveille le doux son des mitraillettes du futur; agrémenté par un étrange ronronnement provenant de la salle arrière.

Pour couronner le tout, une forte odeur de pet ou d’œuf pourri flottait dans l’air…ou de la table fraîchement poutzée…ou des bières…ou d’autre chose. On a pas réussi à le définir.

Après avoir avalé avec peine (pas facile de goûter pleinement une bonne bière dans une odeur de pet) nos Feldschlossen Hopfenperle à 3.20.-; il nous fallut tester les toilettes. Un bon bar de la fin du monde a toujours des toilettes immondes ou, tout au moins, rigolotes.

En entrant dans les commodités, on découvre d’où venait le ronronnement du début: une énorme climatisation tournait à fond les manettes au dessus du trône; rappelant étrangement le film de S.F du soir.

Nous n’avons pas attendu l’attaque des arachnides de l’espace pour nous envoler vers d’autres aventures.

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »

3 Rue de Vermont

Devanture, standard ! Rideaux blancs, enseigne 1664, lumière jaune. Bref ! Le troquet quoi ! On entre et là tient, ça sort un peu du commun ! Le bar est sur deux niveaux et, chose qu’était bien foutue quand même, le bar dessert les deux. On remarque aussi une banque réfrigérée qui doit servir pour un service de sandwicherie/charcuterie/paninis la journée (et si ça avait été juste pour les paninis, un simple frigo aurait suffi nan ?)

Ce qui est marrant avec ces visites, c’est qu’on est toujours accueilli par le personnel comme s’ils étaient tous au courant du machiavélique projet de les chroniquer. Ou ils sont tous inscrits à la guilde des cafetiers paranoïaques ou nos têtes n’ont rien d’engageantes. Allez savoir ! On faisait ptêtre tache sur le décor surchargé de fausses fleurs, faux vitraux et fausse cheminée ou avec les joueurs accrocs de défaites répétées au Tactilo© (ces machines qui permettent de perdre sans avoir à gratter, c’est beau le progrès)

Bon on va essayer de s’intégrer, bières commandées et tite partie de grattage pour nous aussi ! Il faut dire qu’on a dû vite trouver à s’occuper vu la politique de sauvegarde des tubes cathodiques et de préservation des membranes d’haut-parleurs menée dans l’établissement. Est-t-il besoin de vous dire que nos deux tentatives de ruiner la loterie romande et de voir une photo de nous affichée pendant au moins deux ans contre le mur du bar ont été des échecs (bah oui, vu le nombre d’échecs qu’il y a eu pendant les 25 min passées là, si un jour qqun gagne c’est la consécration dans le bistro !)

Heureusement nos deux quarts de litre aussi standard qu’ils eussent été, eurent tout de même l’effet salvateur que l’on connaît tous à une bière pression ! Et ce même à 3.50 ! Aller ! Sans baratiner ! Ca donne envie d’y aller hein !

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: mac | Pas de commentaires »