9 Rue de la Canonnière

On croirait qu’on le fait exprès mais, bien (trop) souvent, on arrive à la fermeture du rade… Donc ce coup si ça n’a pas manqué ! On entre, demande si on peut vite fait se boire une bière et là, mise dans l’ambiance de la part du patron :

« D’accord mais vous buvez debout. Et sur un pied ! On ferme nous ! »

D’emblée on sait que ça va être court mais intense ! On s’installe donc à une des 6 tables de l’endroit, on reçoit nos 2 décis et demi de Calanda respectifs et on admire. Le local paraît neuf, fraichement panossé et est décoré de plusieurs de ces magnifiques tableaux à touriste fait à la chaine qui représentent bien souvent la même barque au bord de la même plage et qui par conséquent peuvent être vendu sur à peu prêt n’importe quelle plage océanique.

Même si le bar s’apprêtait à fermer, restaient encore quarte clients (et un chien) d’un gabarit genevois bien fini. Et nous pûmes donc profiter du discours de Dédé, Alain, Juju et Pierre-Alain qui tinrent (entres autres) ces quelques mots sur fond de quart d’heure Johnny sur Option Musique:

« De bleu de bleu ! j’dis pas « chérie » à n’importe qui moi ! même pas à ma fille ! »

En sortant, nous prîmes tout de même la peine de regarder les horraires de l’établissement. Le panneau indiquait les heures d’ouverture ET celles de fermeture (qui étaient les exactes opposées de celles d’ouverture ! c’est pas beau ça ! Tant de logique ça vous remet un homme en question !)

Au fait, il ferme à 21h…

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: mac | Pas de commentaires »

10, place de l’Octroi.

Le bar carougeois que l’on nous avait conseillé étant fermés, nous nous sommes dirigés au hasard en direction du tram; quand Le Saloon à pointé le bout de son nez, dans une rue avoisinante.

Beaucoup de place, des tables de billards français et américains, des jeux d’arcades en tout genres et un long zinc nous entouraient. Dans un coin, des baby foots au dessous de flyers pour les tournois internationaux au murs, tremblaient sous les habiles coups d’un couple de « pros », jouant en tenue adéquate (fringues de sports et gants).

Plus près, deux gros balèzes (pas loin des deux mètres, une bonne centaine de kilos chacun, à vue de pif) jouaient au Tactilo, séparés du jeu de fléchettes par un rideau. Un tableau permettait de noter les scores, dans deux colonnes estampillés « Home » et « Away » (excellente erreur de traduction) surmontées d’un blason genevois où un graphiste de génie avait remplacé la clé côtoyant le demi-poulet par une fléchette.

Un grand panneau « consommation obligatoire pendant les matches de foot » édulcorait légèrement une fresque « western », nom du lieu oblige.

Alors que « Sex Bomb » de Tom Jones entamait son deuxième couplet, nous finassâmes nous deux Heineken à 3.70.-

Tandis que Mac se levait pour descendre aux toilettes, je méditais sur les détails que nous avions relevés: en bref, un bar rigolo mais pas exceptionnellement findumondesque. C’est alors que Mac remonte le sourire aux lèvres et me souffle en se rasseyant « nous avons un gagnant! ».

Curieux, je descend à mon tour et le spectacle rêvé de tout chroniqueur se dévoila à mes yeux: une pièce aussi grande que le bar, à l’allure de garage miteux faisait stagner en son sein un nombre incroyable de détritus: chaises et tables renversées l’une sur l’autre, cadres de vélos, pneus, meubles disloqués, sacs de sables éventrés, sceaux vides, bâches en plastique roulés en boules, tréteaux, tas de sables, bris de ciment, briques, poubelles pleines, planches de toutes tailles, etc.

Aux vécés, comme pour clore la chronique, un petit mot disait « demander la clef au bar » sur la porte des filles; et sur la porte des garçons « CATRINE 20 FR LA PIPE - DEMANDER LA CLEF AU BAR ». On a pas essayé de demander pour vérifier l’information.

Situation: Quartier de Carouge | Chroniqueur: olive | 5 Commentaires »

3 Rue Liotard

C’est derrière ses vitres complètement teintées lui donnant sérieusement l’air d’avoir été parachuté directement des Pâquis que se dissimule l’oasis du Dunes Café, havre de paix à deux pas de l’école d’ingénieurs (où il m’a été « donné » d’étudier près de trois ans et ½, donc du coup, c’est pas la complète inconnue.)

Ce qui est beau avec le Dunes (oui LE Dunes ! même si ‘Dunes’ est féminin pluriel), c’est que depuis il y a environ dix ans où j’y mettais la première fois les pieds et ce jour ci, la seule chose qui avait changer devait être le tactilo qui avait probablement été modernisé. Donc cette chronique, ça fait bien des lunes que je la mastique inconsciemment. Et autant dire que d’entraîner Olive là dedans pourrait se comparer aisément à la présentation d’une fiancée à des parents inquisiteurs (même si, soit dit en passant, je ne connais pas du tout le staff).

Si l’histoire raconte que plus d’une fois mes pieds foulèrent le lieu, c’est parce qu’on y trouve : arcades, babyfoot, billard, flippers (qui un temps prenaient les jetons de la tête dans les nuages (1.-) pour des tunes ! héhéhé), écran géant (dont l’image le jour de notre visite était fort mal réglée), fléchettes et machines de jeu tactiles en tous genres. Donc avec tout ça, de quoi occuper un homme de 7 à 77ans ! D’ailleurs tous les âges semblaient représentés, le Dunes maintenant, on y va en famille ! Du coup, ça remplit !

Mais c’est pas tout les souvenirs vieux comme la moquette des murs, on est là pour s’abreuver avant tout ! Assis au bar, nos Amstel de 25cl. À 4 CHF en main (on va mettre ce coût sur le compte de la facture SI pour toutes les arcades…) nous pûmes laisser vaquer notre regard à droite a gauche. Moquette au mur sur laquelle il suffirait de passer la main pour avoir une dose équivalant à 6 paquets de clopes dans les pores, boule à facettes, croissants sous plastique et colle forte estampillée des logos toxiques que l’on connaît trônant à côté des verres de service… du lourd en somme !

Cela faisait bien longtemps que je n’étais revenu et quoi de plus opportun comme prétexte que la findumonde. Je conclurais par : Silvano ! Ca fait 10ans tout juste que tu m’dois une partie de billard !

Situation: Quartier de la Servette | Chroniqueur: mac | Pas de commentaires »

Rue des Confessions 21

Les lecteurs assidus se souviennent de nos péripéties a travers le quartier de St.Jean, sous la pluie. Avant d’arriver au café-restaurant Chez Tomy, chroniqué plus bas, une arcade avait miraculeusement eu la folle idée de rester ouverte. Nous pûmes donc y enter pour nous réchauffer autour d’un bon café.

Non, bien sûr on a pris des bières mais je dis ça de façon allégorique.

C’était d’ailleurs une chance qu’il ait eut de l’alcool dans cet endroit, puisque l’enseigne promettait un tea room, et que ce genre d’établissements ne sont pas toujours friands de fumée, alcool, rires gras et matches de foot comme on les aime.

Celui là faisait exception a la règle.

Le logo du tea room « La Fontaine » aurait pu être, chez des gens manquants d’imaginations, une fontaine ou un jet d’eau quelconque; mais la vitrine préférait ici le charme inattendu et élégant d’un sympathique canard.

Immédiatement à côté de notre table, entre la machine à cigarettes surmontée d’un fer à cheval rouillé et la porte des aisances, trônait une sorte de vestiaire où pendait quelques habits et un grand nombre de cintres de divers tailles et couleurs, agrémenté d’une pile considérable de caisses en plastiques. Au dessus de nous, une télé éteinte semblait défier une de ces consœurs allumée et qui diffusait une série américaine, probablement humoristique à la base, que nous n’avons pu identifier.

On semblait être amateur d’art pictural dans le coin; puisque plus au fond, du côté du zinc, un grand tableau représentant une femme nue faisait face à une série de plus petits tableaux bleus décorés de coupures de journaux et de divers paysages moches. Contre la vitre, et près des deux tactilos, quelques plantes, fausses ou transgéniques mais qui ne disaient rien qui vaille, tenaient compagnie à deux grands drapeaux du Portugal et de la Suisse.

Sur notre table, un vieux cendrier « Veuve Cliquot » qui aurait préférer finir sa vie sur le chevet d’un hôtel de luxe semblait conter sa triste existence où, après avoir été abandonné par ses propriétaires au bord d’un trottoir, il avait été réduit à sucer des mégots pour survire avant d’être récupéré par un alcoolique qui lui fit subir les derniers outrages fumants avant de l’échanger contre une bouteille de mauvais vin rouge à un pucier malhonnête.

Comme nos deux verres de 1664 à 3 francs se vidaient sans broncher et que nous étions sur le point de partir, nous n’avons eu le temps que d’entendre cette merveilleuse bribe de conversation entre quelques clients qui, après avoir passé rapidement les sujets des maths, de l’orthographe et de l’analyse étymologique latine, tinrent les propos suivants:

J’ai vu à la télé qu’en Espagne ya un endroit où ils ont installés tellement de paraboles que c’est devenu une succursale de la NASA. Mais bien sûr ils font que bosser des émigrés, alors c’est un bordel pas possible. (…)

Merci, maîtres, pour ces informations primordiales.

Situation: Quartier de St. Jean | Chroniqueur: olive | 4 Commentaires »

51, bd. du Pont d’Arve.

Nous avions reçu un commentaire d’une certaine Julie, qui nous conseillait un bar qu’elle surnommait « Le Bar du Pirate ». Nous nous mîmes donc en quête de cet établissement, curieux de découvrir si le patron allait avoir un perroquet sur l’épaule, une jambe de bois ou autre accessoire burlesque du même genre…

Ce n’était pas si piratesque que nous l’imaginions, mais le potentiel de fin du monde était tout de même respecté. Nous commandâmes donc nos deux désormais traditionnelles bières: des Feld’ à 3 francs. Un prix tout à fait acceptable, et même carrément bon marché pour des verres de 3dl.

L’ambiance du lieu n’était pas à la rigolade, mais un côté libidineux ressortait du coin-télé, puisqu’elle diffusait un match de tennis féminin qui faisait rebondir sur les murs silencieux des cris du genre « han! » « ah! » « ho! ».

Un jour, dans un autre bistrot que nous ne manquerons pas de vous chroniquer un de ces jours, nous avions vu un vieux accentuer ces cris par des « prend ça! » et des « mhh, t’aime ça, hein, salope? ».

On a les fantasmes qu’on mérite.

En bon cancres, nous nous trouvions contre le radiateur, qui avait été élégamment peint en orange, probablement avec un balais, ou alors avec un gros pinceau mal adapté; puisqu’on pouvait y voir des trous et des coulures.

Au dessus de nous, une grosse maquette de bateau nous narguait. Un peu plus loin, une gigantesque peinture représentant des danseurs de flamenco côtoyait un gouvernail monté en lampe, une guitare et un carrosse doré en bas-relief. Le tout était éclairé par un lustre, et répercuté par quelques miroirs.

Comme nous craignîmes qu’une vilaine bourrasque fasse chavirer le navire, nous mîmes le cap à bâbord, en quête d’une autre taverne.

Situation: Abords de Plainpalais | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »