8 Rue de Neuchâtel

Y aurait-il un fin jeu de mot dans le nom de ce bar? Sachant que nous n’auront sûrement jamais la réponse à cette questions, nous entrâmes dans le Bêtises Bar, où une charmante serveuse eût tôt fait de nous apporter deux 1664 à 3.50 Frs.

En face de nous, un home cinéma diffusait des clips de RnB latino (grosse bagnoles, gros seins et bling-blings à volontés). Nous ne remarquâmes pas immédiatement le logo de la chaîne, pensants êtres tombés une fois de plus sur une sous-section de MTV. En fait, il s’agissait du logo de l’établissement; grande première pour nos innocentes personnes qui ne fréquentons pas les bars lounges, où cette pratique doit sans doute être courante.

Nous en avons déduit que les clips devaient également avoir été sélectionnés par la direction du lieu, ce qui atteste d’un goût plus que relatif pour Mozart et Beethoven.

Comme dans toute bonne installation vidéo qui se respecte, les caissons de basses semblaient être de bonnes factures. Par contre, leur place (au fond du café, par terre, derrière une table) ne permettaient pas de goûter pleinement leurs capacités. Tant mieux, d’un côté.

On sent, malgré la situation de l’arcade en plein quartier chaud/prolo/délabré, une volonté d’avoir l’air classe: un accès wi-fi gratuit pour le côté tech’, un mobilier plutôt tendance pour le style et quelques esquisses représentants des perroquets apparemment dessinés au feutre côtoyant l’écran géant pour l’ambiance. Aboutissement de l’art contemporain, une rangée de bouteilles de Super Bock vides dans lesquelles on avait plantés des fleurs complétaient le tableau!

Malheureusement, on ne change pas des centaines d’années de traditions paquisardes, et les clients affalés sur la terrasse détonnaient un peu sur la palette « pimp » en éclatants de gros rires et en grattant les traces de plâtres sur leurs bleus de travail.

Alors que nous allions payer l’addition, un client à l’ossature lourde, vêtu d’un t-shirt bleu ciel lança cette phrase mémorable, surtout hors contexte: « Arrr! C’est malin, je vais devenir un gros porc maintenant! » et sorti le dos voûté en allumant une clope.

Situation: Quartier des Pâquis | Chroniqueur: olive | 1 Commentaire »

7 Rue Cingria

C’est en retournant vers Plainpalais, déçus d’avoir trouvé fermé l’une de nos cibles, que nous sommes tombés sur ce petit troquet caché dans un coin de la rue Cingria. Une première salle toute petite nous tend les bras, avec une grande table en vitrine qui, même si pas encore débarrassée des consommations de nos prédécesseurs, fera très bien notre affaire !

Peu après avoir passé notre commande, zieuté autour,  m’être fait réclamer ma casquette par la jeune fille du patron parce que, mordicus c’était la sienne et eu notre table desservie à l’exception d’un cendrier plein… notre voisine engageât la conversation, du pain béni!

Cette brave dame, sûrement habitante du quartier, nous parlât longuement de sa carrière, qu’elle a entièrement fait dans une fameuse banque nationale (surtout fameuse ces temps pour ses récents déboires outre-atlantique) et le passage en revue des noms de tous les supérieurs qu’elle a eus.

Pfiou! Une gorgée de Feld à 3.10 (qui a un étrange arrière goût de vin, bizarre!) pour faire passer tout ça et on reprend.

Elle nous dît aussi qu’elle n’a rien du tout contre les tatouages et les piercings (en références aux nôtres) mais qu’alors son père lui il était pas du genre tolérant et qu’il avait la main lourde (on vous passe la foule de détails). D’ailleurs cette chère dame n’a rien non plus contre les jeunes. (à la bonne heure!) Mais par contre, tout ce qu’elle demande, c’est qu’ils ne la tabassent pas…

« C’est la moindre des choses » ai-je répliqué à cela!

Après beaucoup plus de temps que l’on ne passe d’habitude pour une chronique, nous sommes sorti, un peu déboussolés il est vrai, de cette surréaliste discussion.

Situation: Abords de Plainpalais | Chroniqueur: mac | 2 Commentaires »

9, Rue Pictet-de-Bock

Le soleil tapait dur sur Plainpalais et la terrasse en profitait pleinement. Nous entâmes donc pour prendre un peu de frais avant la suite des événements.

On nous amena deux Feldschlossen à trois francs accompagnées, chose rare, de cacahuètes. Ça se fait de moins en moins de nos jours, surtout quand si on est pas des habitués. Avec les cacahuètes il y avait un pot de petites boules blanches à l’apparence de pois mais sans goût ni odeur. Étrange.

Trois télés dominaient la pièce: une grande qui diffusaient la soupe habituelle, une éteinte et une toute petite qui passait en continu les résultats du loto.

Pour enjoliver la grande télé, on avait pris soin de poser un petit sapin de Noël richement décoré (l’histoire se déroule en Juillet) ainsi qu’un bouquet de fleurs en plastiques.

Les meubles sentaient l’héritage familial: grand buffet et armoire en bois brun foncé. On imagine l’argenterie et les assiettes d’époque planquées au fond. Des lustre dorés genre western nous accompagnaient de leur lumière maussade, qui se reflétait sur les tableaux moches. L’un d’eux représentait une cascade, mais on nous avait épargné, cette fois, l’animation de celui-ci. Derrière nous, un groupe d’habitués jouaient au dominos avec entrain.

On avala nos bières avec quelques cacahuètes pour faire passer le goût des pois blancs et nous repartîmes dans la chaleur étouffante et les gaz d’échappements de la rue parallèle.

Un détail a noter, néanmoins, pour les fêtards et les insomniaques du quartier: les portes vous seront ouvertes de 6h à 2h! Ce qui n’est pas rien.

Situation: Abords de Plainpalais | Chroniqueur: olive | Pas de commentaires »